
Une exposition itinérante qui se décline en plusieurs versions simultanément dans le monde. J’ai visité celle de Bruxelles qui vient de se terminer à Tour et Taxis. Elle y était de retour pour la première fois depuis 2013.
Une plongée émouvante dans l’histoire qui s’adresse également aux fans de cinéma, finalement.
Cette expo fait le tour du monde depuis de nombreuses années, elle était entre autres visible à Paris en 2023 et s’est clôturée en Belgique le 1er septembre dernier. Titanic : The Artefact Exhibition de son nom officiel revient longuement sur la genèse de ce projet fou qui devait révolutionner la technologie et le transport de masse pour la traversée en bateau Europe-Amérique du Nord et qui s’est soldé par une tragédie.
Une expo bouleversante, évidemment, puisque l’on connaît son issue, et c’est d’ailleurs toute la beauté de cette présentation qui remet en avant plusieurs victimes du naufrage, pas seulement les célébrités mais aussi des quidams à qui l’on rend leurs noms et visages, rappelant que bon nombre des disparus, naviguant souvent en troisième classe, partaient vers le « Nouveau Monde » avec l’espoir d’y trouver une vie meilleure.



Quelques chiffres édifiants : le RMS Titanic de la compagnie britannique White Star Line était le plus gros paquebot de croisière de son époque, mesurant 269 mètres de long et transportant le jour de son voyage inaugural – et unique – environ 2200 passagers (dont plus de 800 membres d’équipage). Lancé le 10 avril 1912 du port de Southampton en Angleterre, c’est dans la nuit du 14 au 15 avril que le bateau percute un iceberg au large de Terre-Neuve au Canada. Environ 1500 passagers périront, en faisant la plus meurtrière catastrophe maritime de l’époque.
Fleuron de la navigation privée, alliant les toutes dernières techniques d’ingénierie du début du 20e siècle à une décoration luxueuse et à des services dignes des grands palaces pour ses passagers de première et deuxième classes, acheminant tout le gratin d’Europe et des États-Unis ainsi que plusieurs centaines de migrants partant pour une nouvelle vie, il faut savoir que bon nombre de ces victimes ne devaient pas se trouver à son bord à la base, mais leur bateau – l’Olympic, navire jumeau du Titanic – avait vu sa traversée annulée plus tôt en raison d’une grève générale des mines de charbon, ce combustible servant à tout alimenter sur les navires, depuis la salle des machines jusqu’aux chaudières et aux cuisinières.



Tasses de troisième classe de la compagnie White Star Line, photo du grand escalier et d’une cabine et objets de première classe
Divers objets retrouvés plus ou moins intacts dans les bagages ou les soutes du Titanic sont ici exposés : vaisselle, morceaux de décoration, bijoux, argent (essentiellement des dollars), vêtements… On apprend au fil de la visite que les carreaux des salles de bain étaient fabriqués par Villeroy & Boch Meetlach en Allemagne – la vaisselle allait de la plus fine porcelaine pour la première classe à la céramique fonctionnelle pour la troisième classe -, que les intérieurs des cabines des ponts supérieurs étaient décorés de bois précieux dans un style éclectique allant du style Empire à l’Art déco, que les salles de bain étaient alimentées en eau chaude et froide. Tout était fait pour que chaque passager.ère, même en classe économique, passe une agréable traversée. Des loisirs étaient proposés (piscine, squash, salle de gym, bains turcs pour les plus riches; jeux de cartes, échecs et bar pour les moins aisés) et les menus des restaurants étaient copieux pour la troisième classe, abondante pour la seconde et gargantuesque pour la première classe (jusqu’à 13 plats différents au cours d’un même repas !).



Divers objets retrouvés dans les bagages du Titanic : bijoux, billets de banque (dollars américains) et pièces de monnaie
Parmi les personnalités qui ont réalisé la traversée, on nous parle notamment de Mme Margaret Brown, défenseuse des Droits de l’Homme et suffragette (rescapée); de Isidor Straus, le copropriétaire du magasin Macy’s de New York, et de son épouse (naufragés); de Dorothy Gibson, mannequin et actrice (rescapée).
Iceberg droit devant !
La dernière partie de l’exposition nous emmène sur l’épave elle-même à travers photos, vidéos et témoignages des nombreuses expéditions qui depuis la découverte du lieu précis du naufrage en 1985 ont multiplié les plongées et les remontées d’objets, permettant ainsi au Titanic de continuer à vivre dans la mémoire collective longtemps après la catastrophe. Hommage est également rendu à Paul-Henri Nargeolet qui avait effectué de nombreuses plongées sous-marines vers l’épave depuis 1987 et a perdu la vie en 2023 dans l’accident du petit submersible touristique Titan de la compagnie OceanGate.


Cabine de troisième classe et des plats à gratin retrouvés alignés dans les fonds marins
Si vous souhaitez vous aussi voir cette expo aussi didactique que fascinante, les prochains rendez-vous avec le public ont lieu en Allemagne, en Pologne, en Suisse et en plusieurs endroits des États-Unis. Voir ici la liste complète.
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Photos : @Simply.Mad 2024

Voilà qui a de quoi émerveiller tout curieux ayant envie de contempler ce vestige englouti et désormais mythique ! Hélas, si je comprends bien il me faudra voyager pour la voir. En paquebot, ce serait bien 😉🛳️
Merci pour ce magnifique partage.
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