Alchimie dans les Catacombes à Paris

Entrée des catacombes à Paris

Ils marcheront sur le ventre pour entrer au royaume des ténèbres.

Scarlet Marlowe (Perdita Weeks)

Voyage dans le ventre de la terre sur les traces d’un film d’horreur tourné dans les célèbres catacombes à Paris.

Alchimistes et démons sont au menu. Âmes sensibles, s’abstenir !

Catacombes (As Above, So Below) est un film américain de 2014 co-écrit et réalisé par John Erick Dowdle, un spécialiste du genre « found footage » (The Poughkeepsie Tapes, En Quarantaine). La musique de Max Richter vient soutenir l’atmosphère angoissante du long métrage.

Nous y suivons la jeune Scarlet Marlowe (Perdita Weeks), étudiante en archéologie et langues mortes qui se passionne pour la recherche de la fameuse pierre philosophale (oui, la même que dans Harry Potter). Cette pierre née de la légende alchimiste au Moyen-Âge est censée permettre de transformer le métal en or. A Paris, notre héroïne demande l’aide d’un ami pour déchiffrer la pierre tombale de Nicolas Flamel hébergée au Musée de Cluny.

Si vous avez lu les romans de J.K. Rowling ou avez joué à Assassin’s Creed Unity, le nom de Nicolas Flamel ne vous sera pas inconnu. Ce personnage historique, bourgeois et clerc à Paris, est lié dans l’inconscience collective à l’alchimie alors qu’il est probable qu’il n’ait jamais touché aux sciences occultes. Mais sa réussite sociale et sa générosité envers l’église lui ont forgé cette réputation depuis le 14ème siècle car il est plus séduisant de croire à la magie plutôt qu’à l’opportunisme. Pour la note patrimoniale, une des maisons qu’il fît construire en 1407 est aujourd’hui quasi intacte et une des plus vieilles maisons de Paris (rue de Montmorency dans le 3ème arrondissement). On peut voir cette maison au début du film, avec sa façade sculptée et son inscription pieuse en lettres gothiques.

Sans vouloir trop rentrer dans les détails afin de ne pas vous gâcher le plaisir si vous n’avez pas encore vu le film, le jeu de piste mène nos protagonistes et leurs amis dans les catacombes où ils pénètrent de nuit par une voie détournée et là l’enfer se déchaîne (littéralement). Car n’oublions pas que nous sommes dans un film d’horreur et que les sciences occultes se prêtent à merveille à ce type d’histoire. Fan d’ésotérisme ? Ce film est fait pour vous !

Il est étonnant que personne n’ait pensé avant à baser intégralement une histoire d’épouvante dans ce lieu qui s’y prête pourtant, tant par son existence-même que par les légendes urbaines – crédibles ou non – qui y sont nées depuis le 17ème siècle et la transformation de ces galeries souterraines en cimetière (à l’origine une carrière de calcaire exploitée depuis le Moyen-Âge). Manque de place en surface dans la métropole grandissante, les petits cimetières de Paris ont peu à peu été vidés afin de laisser la place aux constructions et aux avenues.

Les catacombes sont bien apparues dans quelques films français (Cartouche, Les Gaspards, Paris…) mais n’avaient jamais été à ce point utilisées à l’écran. As Above, So Below a d’ailleurs été le premier film auquel la Ville de Paris a donner son accord pour tourner sur place, au sein des galeries, avec toutes les difficultés techniques rencontrées (pas d’électricité, éclairage à la lampe frontale, exiguïté des lieux, claustrophobie). Quand on voit le film, on peut vraiment se rendre compte de la prouesse technique et de l’inventivité de l’équipe du film, ainsi que du courage des acteurs qui se sont retrouvés loin des studios confortables habituels !

J’ai visité les catacombes en 2017 – rien d’illégal, j’ai suivi le tour organisé à l’inverse des personnages du film – et même accompagnée d’un groupe, il m’a été difficile de ne pas être impressionnée par cet environnement. Nous y évoluons au milieu d’un cimetière souterrain, entouré.es d’ossements et de crânes, c’est vrai… mais ce n’est pas uniquement cela qui fait froid dans le dos par moments, alors que je ne suis pas du tout impressionnable de base. Comme si quelque chose d’étrange s’était passé là et imprégnait encore les murs de ces couloirs sans fin. De là à laisser son imagination déborder vers les délires cauchemardesques avancés par le film, il n’y a qu’un pas !

Qui dit « found footage » dit en général que les héros du film ne s’en sortent pas à la fin, ce film échappe-t-il à la tendance ? Je vous laisse le soin de le découvrir 😉

Comme l’onde, nos jours se sont écoulés.

Vous pouvez retrouver plus d’images tirées du film Catacombes dans la rubrique Galerie de photos du site.

Photos : @Simply.Mad 2017 et 2018 (et captures d'écran de la bande annonce et extraits du film Catacombes, 2014)

Publié par Simply.Mad

Geek, cinéphile, fan de science-fiction et de bande dessinée. Aime un peu trop le chocolat.

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