Bruxelles vue par les frères Lumière

Remontons le temps vers la Belle Époque, quand Bruxelles rêvait et que les « vues » de l’Association frères Lumière faisaient découvrir le monde par écran interposé.

Cette année marque le 130e anniversaire de la naissance du Cinématographe des Frères Lumière, invention qui donna son nom au futur septième art et forgea ainsi toutes les évolutions audiovisuelles nées au cours du vingtième siècle.

Si la grande première à Paris le 28 décembre 1895 présentait leurs toutes premières pellicules au grand public, les Frères Lumière avaient déjà présenté leurs films auparavant devant un public averti lors de soirées privées. L’une de ces soirées fut donnée à Bruxelles, mais il fallut attendre le 1er mars 1896 pour la première présentation officielle au public de leur invention, dans la Galerie du Roi au sein des Galeries Royales Saint-Hubert. L’événement est d’ailleurs commémoré par une plaque à l’endroit où la projection a eu lieu, sur la façade de l’actuelle boutique du chocolatier Leonidas.

C’était au temps où Bruxelles rêvait
C’était au temps du cinéma muet
C’était au temps où Bruxelles chantait
C’était au temps où Bruxelles bruxellait

Bruxelles, Jacques Brel (1962)

Ces premiers films des Frères Lumière étaient en réalité des prises de vue statiques de moins d’une minute dont les exemples les plus célèbres sont La sortie de l’usine Lumière à Lyon, L’Arrivée d’un train en gare et L’Arroseur arrosé. Rapidement, l’entreprise envoya des opérateurs de cinématographe parcourir le monde afin de capturer des images de monuments ou de lieux remarquables afin de faire voyager les spectateurs, ces petits films portaient le nom de « vues » et sont les précurseurs du documentaire, en quelque sorte.

Cinq vues de Bruxelles (1897)

Bruxelles n’échappa pas à l’œil du caméraman Alexandre Promio qui se rendit sur place en 1897 pour capter quelques vues de la capitale belge. La Bourse, la Grand-Place, la place de Brouckère et la collégiale Sainte-Gudule (alors pas encore devenue cathédrale Saints-Michel-et-Gudule) sont ainsi immortalisées pour la postérité telles qu’elles étaient au tournant du siècle.

Il s’agit des premières archives filmées de Bruxelles, alors capitale d’un pays réputé à l’international pour ses industries et ses arts. En effet, la Belgique au 19e siècle était la deuxième puissance industrielle mondiale grâce à la révolution industrielle, juste derrière la Grande-Bretagne.

Si la Grand-Place, la Bourse et la collégiale ont été très bien préservées de par leur importance architecturale et culturelle, la place de Brouckère n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’elle était en 1897 et, coincé au milieu d’immeubles plus modernes, seul un bâtiment a survécu à la frénésie immobilière du 20e siècle à Bruxelles.

Il manque une vue à ma collection d’images dont vous pouvez voir les comparaisons entre 1897 et 2025 sur cette page, vous avez bien compté, je ne vous présente ici que quatre d’entre elles car la cinquième, la vue n° 526 dédiée au Boulevard Anspach, serait trop compliquée à recréer de nos jours. Non seulement bon nombre de bâtiments du centre-ville ont disparu, mais en plus cette partie du boulevard est devenue piétonne ces dernières années, ce qui a encore modifié les points de repère éventuels.

Ci-dessous les mêmes endroits captés par les films Lumière, mais à l’heure actuelle. Bruxelles est malheureusement en chantier perpétuel, les grues et bâtiments en réfection sont légion un peu partout dans la ville.

Le photographe Alexandre Promio est également passé par Anvers lors de son voyage en Belgique, vous pouvez voir les photos des deux vues prises depuis l’Escaut sur le site officiel de l’Institut Lumière.

Ci-dessous, ces fameuses vues de Bruxelles en mouvement mises en ligne sur Youtube.

Cinq vues de Bruxelles – Association frères Lumière (1897) – Vidéo de la chaîne @משהאברמוביץ-צ3פ

Découvrir l’Institut Lumière à Lyon. D’autres articles dédiés à l’histoire du cinéma ici : Musée MélièsMole AntonellianaMontmartre décor de cinéma.

Photos : @Simply.Mad 2025
Matériel d'origine : © Association frères Lumière / © Institut Lumière

Publié par Simply.Mad

Geek, cinéphile, fan de science-fiction et de bande dessinée. Aime un peu trop le chocolat.

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