La playlist de juillet 2021 – Duos

Ce mois-ci, j’ai envie de m’attarder sur les duos de réalisateurs-compositeurs, autrement dit les combos gagnants qui accompagnent nos plus beaux moments de cinéma. Ma démarche est ici purement sensorielle, je laisse à d’autres, bien plus doués que moi, le soin d’analyser l’apport de l’un envers l’autre et vice versa. Pour chaque duo, je vous propose un morceau emblématique.

Impossible de ne pas commencer par le duo qui a filé des sueurs froides à plusieurs générations de cinéphiles, j’ai nommé Alfred Hitchcock et Bernard Hermann. Compositeur et chef d’orchestre américain, Hermann a débuté dans la musique de film en frappant fort avec le Citizen Kane mythique d’Orson Welles. Il signe ensuite la musique de l’un de mes films de chevet, L’Aventure de Madame Muir pour Mankiewicz, et impose le son éthéré du thérémine sur Le Jour où la Terre s’Arrêta de Robert Wise. Ensuite vient la collaboration avec le Maître du Suspense avec 8 films au total, dont le summum est atteint sur Vertigo et Psychose. Il finira sa carrière sur deux films de De Palma, admirateur inconditionnel d’Hitchcock, et sur le Taxi Driver de Scorsese. On lui doit aussi la musique de la première saison de la série La Quatrième Dimension (The Twilight Zone). Il y a pire comme palmarès.

Morceau choisi, Psychose qu’on ne présente plus. A 3:33 minutes, les violons stridents crispent toujours autant pendant la fameuse scène de la douche.

Bernard Hermann : Psycho (1960)

Deuxième duo qui est tout à fait remarquable du fait de sa longévité : Steven Spielberg et John Williams. Le jeune Spielberg approche Williams, déjà auréolé d’un Oscar, pour qu’il compose la musique de son tout premier long métrage pour le cinéma, Sugarland Express (1974). Naît alors l’une des collaborations les plus fructueuses du cinéma avec à ce jour 28 films à leur liste, du jamais vu ! Les thèmes des Dents de la Mer, d’Indiana Jones, d’E.T., de La Liste de Schindler, de Jurassic Park et bien d’autres musiques passées à la postérité, nous les devons à John Williams.

Musicien de jazz à l’origine, multi-instrumentaliste et chef d’orchestre, le vénérable Williams a même été prêté à l’ami George Lucas pour habiller sa saga de space opéra Star Wars, et le thème d’Harry Potter ? Lui aussi ! Nommé plus de cinquante fois (!) à l’Oscar dans sa catégorie, il en a remporté 5, ainsi que plusieurs Emmy, Grammy et Golden Globe; une seule cheminée ne doit pas suffire à accueillir cette collection vertigineuse… Morceau choisi, le thème principal du film qui m’a bien fait pleurer étant gosse : E.T. l’Extraterrestre.

John Williams : Flying (1982)

Un autre couple artistique qui fait des étincelles depuis leur début de carrière commun : Tim Burton et Danny Elfman. Chanteur du groupe new wave Oingo Boingo (la chanson-titre du film pour ados Weird Science dans les années 80, c’est lui), il compose la musique du premier film de Burton, Pee-Wee’s Big Adventure, en 1985. On y reconnaît déjà le mélange éclectique d’influences qui constitue son style et fera merveille sur 17 des 19 films – à ce jour – de Burton.

Très prolifique, Elfman est également responsable des thèmes de Men in Black, Spider-Man pour Sam Raimi, L’Étrange Noël de Monsieur Jack (sur lequel il double la voix chantée de Jack Skellington) et en télé des génériques des Simpson et de Desperate Housewives, entre autres. Morceau choisi : le thème de Batman, repris ensuite pour le générique de la série d’animation Batman Animated.

Danny Elfman : The Batman Theme (1989)

Peut-être moins glamour, mais tout aussi efficace, est la collaboration entre le réalisateur M. Night Shyamalan et le compositeur James Newton Howard, née avec Sixième Sens en 1999, le premier succès du réalisateur d’origine indienne, et terminée 7 films plus tard sur After Earth. Aussi à l’aise dans le drame que dans le film de super-héros ou le film d’animation, à l’instar de Danny Elfman, Howard a mis en musique, tout en délicatesse, de gros succès tels que The Hunger Games et Les Animaux Fantastiques.

Pour la télévision, il a créé le thème de la série Urgences et habillé musicalement les séries Netflix Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire et Emily in Paris. Morceau choisi : l’envolée au violon pour Le Village.

James Newton Howard : The Gravel Road (2004)

Le compositeur attitré des frères Coen est Carter Burwell depuis leur tout premier film en 1984, Blood Simple. En fait, il a créé la musique de tous leurs films, sauf leurs deux longs métrages qui comportent des chansons folk (O Brother Where Art Thou et Inside Llewyn Davis), ce qui fait 16 bandes originales en tout ! C’est ce qu’on appelle être fidèle.

Le style inhabituel de Burwell, mélangeant des instruments acoustiques peu souvent entendus ensemble dans la musique de film, est vite devenu reconnaissable entre tous, grâce à une certaine légèreté de ses thèmes, entre folk et classique. En parallèle, il collabore également avec le réalisateur Bill Condon – il a d’ailleurs réussi à donner un peu de vie à la plate saga Twilight grâce à son thème de toute beauté Bella’s Lullaby, notamment. On lui doit encore les musiques de Bons Baisers de Bruges, Being John Malkovich et Carol, parmi ses plus grandes réussites. Morceau choisi : le thème d’ouverture de Miller’s Crossing.

Carter Burwell – Opening Titles – Miller’s Crossing (1990)

De ce côté-ci de l’Atlantique, le Français Eric Serra est le compositeur de la plupart des films de Luc Besson en tant que réalisateur ou producteur, entente débutée sur le premier long métrage du cinéaste, Le Dernier Combat en 1983. Le plus grand succès de Serra est sans doute la musique du Grand Bleu en 1988, et ceci même si les Américains ont remplacé ses compositions par une bande originale plus lisse commandée à Bill Conti pour sortir le film sur leur territoire 😦

Outre sa fructueuse association avec Besson, Eric Serra a également composé la musique du James Bond GoldenEye, du remake de Rollerball et celle de Bandidas. Morceau choisi : un extrait du Grand Bleu, évidemment.

Eric Serra – Deep Blue Dream (1988)

Dernier duo sur lequel je m’arrêterai : Ron Howard et le regretté James Horner. Empruntant en début de carrière des thèmes à ses aînés, le musicien a pu rapidement s’affranchir de toute influence pour proposer ses propres envolées orchestrales dans la droite lignée d’un Jerry Goldsmith. Sa rencontre avec Ron Howard date de 1985, année de sortie de Cocoon, ils ont par la suite travaillé ensemble sur 6 autres longs métrages.

Parmi les plus grands succès de Horner, une autre collaboration, avec James Cameron cette fois, sur Aliens, Titanic et Avatar. Et bien sûr le Braveheart de Mel Gibson. Morceau choisi : le thème principal d’un de mes films préférés quand j’étais ado.

James Horner – Willow’s Theme (1988)

On peut encore citer David Cronenberg et Howard Shore, J. J. Abrams et Michael Giacchino, David Lean et Maurice Jarre, Sergio Leone et Ennio Morricone, David Lynch et Angelo Badalamenti, etc. L’entente entre cinéaste et musicien est primordiale, on le voit, pour créer du grand art et nous faire vibrer dans les salles obscures.

Découvrez les autres playlists déjà parues.

Publié par Simply.Mad

Geek, cinéphile, fan de science-fiction et de bande dessinée. Aime un peu trop le chocolat.

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