Bond en Île-de-France… et dans l’espace

James Bond à Vaux-le-Vicomte pour Moonraker

Un Vodka-Martini, mélangé au shaker, pas à la cuillère.

James Bond

Actualité oblige, je me suis intéressée à la saga bondienne et aux films qui sont passés par la France. Première incursion avec en vedette le deuxième interprète de Bond : Roger Moore.

Moonraker (1979)

Réalisé par Lewis Gilbert – également réalisateur du chapitre précédent L’Espion qui m’aimait et de On ne Vit que Deux Fois de l’ère Sean Connery – scénario vaguement adapté du roman éponyme de Ian Fleming. Musique de John Barry, chanson interprétée par Shirley Bassey. La plus folle des aventures de Bond, le film est d’ailleurs souvent qualifié de film de science-fiction plutôt que de film d’espionnage. En effet, à contrario du roman, James voyage dans l’espace. L’effet Star Wars sorti deux ans avant !

James Bond (Roger Moore) mène l’enquête sur les agissements du mégalomane de service, Hugo Drax – joué par l’acteur franco-britannique Mich(a)el Lonsdale. Il rend visite à ce dernier sur son immense complexe Moonraker en plein désert de Mojave en Californie. Le complexe à l’image est constitué de plusieurs sources filmées des deux côtés de l’Atlantique :

    1/ les installations du constructeur aéronautique Rockwell International à Palmdale en Californie, qui faisait à l’époque partie de l’ensemble militaire Air Force Plant 42. C’est là que furent entre autres conçues les navettes spatiales de la Nasa dans les années 1970 et 80. Rockwell fabriquait également des avions militaires de type bombardier.

    2/ une maquette pour la partie qui ressemble à une station lunaire (l’inscription Moonraker apparaît sur l’un des bâtiments).

Le Centre Pompidou un été à Paris
Le Centre Pompidou à Paris, dit « Beaubourg »

    3/ lorsque James rencontre le Dr Holly Goodhead (Lois Chiles) dans son bureau, il passe dans un tunnel fait de verre et de métal qui s’avère être la partie supérieure du passage couvert extérieur qui longe la façade du Centre Pompidou à Paris. « La chenille », la partie en zigzag qui permet de passer d’un étage à l’autre, vient d’ailleurs d’être rénovée et peut enfin être de nouveau parcourue par les visiteurs après deux ans de fermeture. Lorsque la scène du film Moonraker y a été tournée, le musée était encore tout jeune, son ouverture datant de 1977.

    4/ le château de Vaux-le-Vicomte en Seine-et-Marne, dont on voit dans le film l’extérieur (jardins et parc) et le grand salon. Le château représente à l’écran l’édifice que fait reconstruire Drax, pierre par pierre, dans le désert, là où Bond arrive en hélicoptère. Et effectivement, par le truchement d’effets spéciaux, on a bien l’impression que Vaux-le-Vicomte a été déplacé en Californie.

Le château du 17ème siècle souhaité par l’ambitieux surintendant des finances sous Louis XIV, Nicolas Fouquet, suscita bien des jalousies dans les cours d’Europe et inspira même la construction de Versailles. On retrouve d’ailleurs les mêmes architectes sur les deux projets : Louis Le Vau pour les bâtiments, André Le Nôtre pour les jardins et le peintre Charles le Brun pour la décoration intérieure.

Le château de Vaux-le-Vicomte (extérieurs)

Vaux-le-Vicomte a souvent été utilisé au cinéma : les films Valmont de Miloš Forman, La Fille de D’Artagnan avec Sophie Marceau, L’Homme au Masque de Fer avec DiCaprio, Marie-Antoinette de Sofia Coppola et la série TV Versailles, pour ne citer que quelques titres. Détail qui avait affolé les médias en 2007 : c’est dans ce décor féérique que le basketteur Tony Parker et l’actrice Eva Longoria s’étaient unis.

Back to Bond. Le reste des scènes intérieures se passant dans l’humble demeure de Drax ont été filmées dans un autre château, celui de Guermantes (à proximité du parc Disneyland Paris). Par contre, la partie de chasse a bien été filmée dans le parc de Vaux-le-Vicomte, on peut apercevoir dans la scène l’immense statue d’Hercule qui domine l’horizon. En bronze, celle-ci a été redorée à la feuille d’or en 2017, ce qui doit lui donner un air encore plus impressionnant depuis que j’ai visité le château en 2009.

Le château de Vaux-le-Vicomte : son jardin à la française et ses bassins, oeuvres de Le Nôtre

On peut encore apercevoir un lieu parisien vers la fin du film, dans la séquence où Bond et le docteur Goodhead s’apprêtent à s’introduire dans la navette spatiale qui va les emmener en orbite. Il s’agit en fait d’un habile mélange de scènes tournées en studio et dans une ancienne carrière souterraine à Paris.

Les studios, parlons-en justement. Ceux de Pinewood, QG habituel des tournages de l’agent 007, et dont un hangar a depuis été renommé Albert R. Broccoli 007 Stage, n’ont servi cette fois que pour des scènes impliquant des maquettes et effets spéciaux. C’est en fait à Paris que le gros des séquences en studio ont été enregistrées, aux studios Boulogne-Billancourt et aux studios Éclair à Épinay-sur-Seine. Il fallait bien ça pour abriter les décors de la base de lancement de la fusée.

Mais d’abord, direction Venise où l’enquête continue pour Bond : visite d’une verrerie, hôtel de luxe, palazzo, balade mouvementée en gondole sur le Grand Canal dont l’apothéose se situe carrément sur la Place Saint-Marc, jusqu’au duel d’aïkido entre James et l’homme à tout faire de Drax, Chang (interprété par le professeur d’arts martiaux Toshirô Suga) et qui se termine derrière la Tour de l’Horloge. Et pour finir, le bureau vénitien de Drax se situe dans la salle de bal du Ca’ Rezzonico, un palais du 17ème siècle qui abrite de nos jours un musée, le Museo del Settecento Veneziano. Ce palais fut notamment la demeure du compositeur américain Cole Porter de 1926 à 1927.

Pour la suite du film, des scènes extérieures ont nécessité l’envoi d’équipes de tournage dans les paysages du Guatemala, de Floride et du Brésil. On peut ainsi reconnaître une pyramide maya de Tikal – vous connaissez sûrement le lieu pour l’avoir vu dans le tout premier Star Wars – et le fleuve Amazone est reconstitué à partir de séquences tournées autour des marais en Floride et aux chutes d’Iguazú, à la frontière entre l’Argentine et le Brésil. Ce sont ces chutes que Bond survole en deltaplane.

Et puis enfin Rio et son carnaval. Une scène qui n’est pas sans rappeler l’intro de Spectre avec Daniel Craig créant le chaos (« un beau boxon » comme on dit chez nous) en plein Jour des Morts à Mexico. A Rio, James retrouve également son vieil « ami » aux dents d’acier (Requin en VF, Jaws en VO), rencontré dans l’opus précédent L’Espion qui m’aimait (1977). Interprété par l’armoire à glace Richard Kiel, ce dernier rend la descente en téléphérique depuis le Mont du Pain de Sucre à 396 mètres d’altitude encore plus vertigineuse qu’à la normale.

Le côté globe-trotter de l’agent double zéro fait à part entière partie des figures attendues d’un film sur Bond, Moonraker aura au moins eu le mérite de l’envoyer dans l’espace, littéralement !

Vous pouvez retrouver toutes les images tirées du film Moonraker dans la rubrique Galerie de photos du site.

Pour revivre les chansons des génériques de la saga Bond, direction la playlist du mois ! Encore plus de Bond ?

Photos : @Simply.Mad 2009 et 2015 (et captures du DVD de Moonraker, MGM 2000)

Publié par Simply.Mad

Geek, cinéphile, fan de science-fiction et de bande dessinée. Aime un peu trop le chocolat.

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