Audrey Hepburn, tellement européenne !

Audrey Hepburn Intimate - Galeries Royales de Bruxelles

Une icône du cinéma et de la mode, une personnalité indissociable des sixties, un côté « bon chic, bon genre » indémodable, assurément. « The little black dress ». Et surtout une femme de cœur qui consacra la fin de sa vie aux autres. C’est tout ça, Audrey Hepburn.

Je crois en la couleur rose. Je crois que le rire est la meilleure façon de brûler des calories. Je crois aux baisers, beaucoup de baisers. Je crois qu’il faut être forte quand tout semble aller mal. Je crois que les filles joyeuses sont les plus jolies. Je crois que demain est un autre jour et je crois aux miracles.

Audrey Hepburn

Née le 4 mai 1929 à Bruxelles, d’un père anglais banquier (Joseph Ruston) et d’une baronne néerlandaise (Ella Van Heemstra) qui s’étaient rencontrés à Java en Indonésie – à l’époque colonie des Pays-Bas – la petite Audrey Kathleen Ruston passe les cinq premières années de sa vie dans la capitale belge où son père a été envoyé pour le travail. Le mariage ne tient pas et Ruston repart pour l’Angleterre tandis que la baronne rejoint son aristocratique famille à Arnhem. Audrey est envoyée dans un pensionnat anglais avant de passer son adolescence aux Pays-Bas auprès de sa mère, de sa tante et de ses deux demi-frères, issus du premier mariage de Ella.

La rue où Audrey passa les 5 premières années de sa vie, rue Keyenveld à Ixelles, commune de Bruxelles; la plaque commémorative sur la façade.

À Arnhem, « Adriaantje » vivra l’invasion allemande de 1940 de plein fouet et sera marquée à jamais, se souvenant de la faim subie pendant les cinq ans de l’occupation ennemie, elle-même souffrant d’anémie. Après la guerre, pour assouvir la passion de sa fille pour la danse classique, la baronne emmène la jeune ballerine à Amsterdam pour suivre les cours de la danseuse et chorégraphe Sonia Gaskell. Poursuivant ce chemin tout tracé à Londres au sein de l’école Ballet Rambert, mais un peu trop grande pour être « prima ballerina », elle se tourne alors vers la comédie et fait ses premières apparitions sur scène, d’abord comme danseuse, dans le West End.

De son père pourtant absent de sa vie, elle prendra le pseudonyme Hepburn, le patronyme que celui-ci accola à son propre nom après la seconde guerre mondiale pour des raisons obscures (l’histoire du père, pro-Nazi notoire, mériterait un roman à lui seul tant il cultivait les mystères). Repérée par la télévision, elle obtient de petits rôles d’abord dans une production de la BBC et ensuite au cinéma. Son premier rôle d’envergure sera dans le film Nous Irons à Monte Carlo sorti en 1952, elle rencontre par hasard pendant le tournage l’auteure Colette qui cherche sa Gigi pour le théâtre. Débuts à Broadway phénoménaux pour Audrey et la suite est connue : le film romantique Vacances romaines la révèle au monde en 1953 dans la peau d’une princesse, et auréolée d’un Oscar, d’un BAFTA et d’un Golden Globe, elle va enchaîner les succès pendant les deux décennies suivantes, devenant au passage l’égérie du couturier Hubert de Givenchy grâce à cette fameuse petite robe noire, entre autres.

Si Sabrina, Guerre et Paix, Drôle de Frimousse, Diamants sur Canapé, Charade, My Fair Lady, Seule dans la Nuit ont marqué durablement les esprits, le film Au risque de se perdre sorti en 1959 lui donne l’occasion de revenir en Belgique où a lieu une partie du tournage.

Ses lieux de vie, enfant et adulte, et au fil de ses relations intimes, expliquent qu’elle parlait couramment l’anglais, le néerlandais, le français, l’italien et se débrouillait en espagnol et en allemand.

Déjà associée à l’UNICEF et à la Croix-Rouge depuis les années 50 – elle-même ayant été aidée par l’UNICEF après la libération des Pays-Bas – elle consacrera sa vie post-cinéma aux causes humanitaires, une mission en Éthiopie en 1988 lui vaudra d’être nommée Ambassadrice de bonne volonté pour l’UNICEF un an plus tard. Un dernier beau rôle au cinéma lui est offert par Steven Spielberg dans le film Always en 1989 où elle joue un ange. Ses missions au tiers-monde ne prendront fin qu’avec le cancer foudroyant qui l’emporta le 20 janvier 1993 à l’âge de 63 ans. Elle repose au cimetière de Tolochenaz, commune en bordure du Lac Léman en Suisse où elle avait pris résidence avec son premier mari, l’acteur Mel Ferrer.

Intimate Audrey

En mai 2019, afin de commémorer le 90e anniversaire de la naissance de sa mère, Sean Ferrer décida de lancer l’exposition itinérante Intimate Audrey à Bruxelles, en l’honneur du lieu de naissance de celle-ci. Forte de documents inédits issus de ses archives personnelles, l’exposition donnait ainsi à voir photos de famille retraçant le parcours de la jeune Audrey de la Belgique aux Pays-Bas, avant de naturellement consacrer le reste à sa carrière d’actrice et à son travail humanitaire. Affiches de ses films, costumes de cinéma, accessoires de films ou privés, dessins de mode de ses tenues iconiques et une dernière partie terriblement émouvante autour de ses missions auprès de l’UNICEF, le tout dans une scénographie sobre et discrète, à l’image de la femme exceptionnelle ici représentée.

Affiches de films avec Audrey Hepburn
Affiches de films avec Audrey Hepburn

L’expo, après Bruxelles, Amsterdam et La Spezia en Italie, a été interrompue par la crise sanitaire et devrait reprendre son tour du monde dès que possible, je vous encourage fortement à aller la découvrir, que vous connaissiez (ou croyiez connaître) l’actrice ou non, ce sera une découverte dans tous les cas. Les photos sont interdites, malheureusement, à part à l’entrée où vous êtes accueilli-e par une statue d’Audrey enfant assise sur un banc public, une image de mélancolie que vous ressentirez à la sortie. Mélancolie rapidement remplacée par le besoin urgent de revoir sa filmographie exemplaire !

Inauguration de l’exposition Intimate Audrey à Bruxelles en mai 2019

Et si vous passez par Bruxelles, ne manquez pas d’aller voir sa maison d’enfance à la rue Keyenveld dans le quartier chic qui juxte l’avenue Louise à Ixelles. De plus, ce 4 mai 2022 un petit jardin tout proche a été inauguré en présence de son fils Sean, le jardin Audrey Hepburn abrite dorénavant un buste de l’actrice, double de celui déjà présent à Arnhem aux Pays-Bas.

Sur les lieux de tournage du film Drôle de Frimousse.

Photos : @Simply.Mad 2019 et 2022

Publié par Simply.Mad

Geek, cinéphile, fan de science-fiction et de bande dessinée. Aime un peu trop le chocolat.

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