Expo Top Secret : cinéma et espionnage

Cinémathèque française, exposition Top secret

La Cinémathèque française à Paris gratifie une nouvelle fois les fans de cinéma d’une superbe exposition dédiée à un thème riche : l’espionnage sur le grand écran, à travers les films, les espions – réels et fictifs – les gadgets et les costumes qui ont été utilisés pour donner vie à tout cet imaginaire.

L’exposition intitulée Top secret : cinéma et espionnage a ouvert ses portes en octobre dernier et vous avez encore le temps de la visiter jusqu’au 21 mai 2023.

Vous pourrez y parcourir l’histoire de ce genre très souvent porté à l’écran, avec une mise en lumière particulière sur certains films ou personnages parfois oubliés, souvent adulés. Le tout entremêlé de gadgets et outils de travail réellement utilisés par les services secrets anglais, russes, français, etc. dans une mise en abyme fascinante entre le faux et le vrai – gageure dès lors que l’on traite d’espionnage !

La Vie des Autres et le matériel d’écoute, au milieu les vrais systèmes d’écoute et appareils photo du KGB et de la Stasi, la machine Enigma.

Parmi les films plein de suspense qui ont défini le genre, oscillants parfois entre film noir et film de guerre, notons entre autres Les Espions (1928) de Fritz Lang; L’affaire Cicéron (1952) de Joseph L. Mankiewicz; La Vie des Autres (2006) de Florian Henckel von Donnersmarck et Argo (2012) de et avec Ben Affleck.

Au sein des objets marquants que donne à voir l’expo, on retrouve un exemplaire de la machine de chiffrement électromagnétique Enigma utilisée par les nazis. La machine déjà exploitée par l’armée allemande en 1919 était réputée inviolable jusqu’à ce que le mathématicien anglais Alan Turing réussisse à casser son code, faisant ainsi pencher la victoire future du côté des Alliés, comme le montre le film Imitation Game (2014) de Morten Tyldum, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle principal.

On peut également voir à quel point les services secrets chinois ou russes faisaient preuve d’inventivité lorsqu’il s’agissait de mettre les gens sur écoute ou de les photographier à leur insu pendant la guerre froide – n’oublions pas que le numérique et la miniaturisation étaient encore loin.

Les clandestines des grandes guerres : Ingrid Bergman, Greta Garbo et Hedy Lamarr.

La suite de l’exposition est celle qui m’a le plus intéressée de par son sujet et de par sa scénographie de toute beauté : les agents secrets féminins des deux guerres mondiales. Entre fiction et réalité, c’est Mata Hari, sous le nom de code H-21, qui lance la danse (exotique), la célèbre artiste ayant joué aux agents doubles, voire triples, pendant la Grande guerre, elle fut sommairement fusillée par l’armée française en 1917. A l’écran, elle prit les traits de Greta Garbo, de Jeanne Moreau ou encore de Sylvia Kristel.

Plus loin le très beau rôle porté par Ingrid Bergman pour Hitchcock nous invite dans l’œuvre du « maître du suspense » qui a marqué le cinéma d’espionnage avec de grands films : tout d’abord avec Les Enchaînés (1946) où Bergman donne la réplique à Cary Grant, mais bien avant ça déjà dans sa période britannique avec L’Homme qui en savait trop (1934, dont il a fait le remake 20 ans plus tard à Hollywood), Les 39 Marches (1935), Quatre de l’espionnage (1936), et plus tard encore avec La Mort aux trousses (1959) et Le Rideau Déchiré (1966). Quantativement parlant, aucun autre réalisateur n’aura aussi bien servi le genre.

Au rayon des femmes-espions qui n’ont rien à envier à leurs collègues masculins – avant que la mode de la femme-objet ne vienne balayer tout ça à l’ère de James Bond – retrouvons non pas l’actrice Hedy Lamarr, mais l’inventrice. Elle est effectivement à l’origine du système de radioguidage des torpilles qui évolua ensuite en GPS. Sans oublier Marlene Dietrich qui joua une copie de Mata Hari dans le film Agent X27 de Josef von Sternberg (1931) et qui utilisa réellement son statut d’icône afin d’espionner les nazis pour les services de renseignement américains pendant la Seconde guerre mondiale.

OSS 117 : costumes des films avec Jean Dujardin, gadgets des films Bond.

Qui dit espion dit bien entendu agent 007 dans la culture populaire, un phénomène littéraire et cinématographique qui n’a de cesse de renaître pour mieux coller à son époque. Mais n’oublions pas qu’avant l’espion au service de sa majesté, un autre agent secret populaire était né sur papier : OSS 117 !

Créé en 1949 par l’auteur français Jean Bruce, Hubert Bonisseur de La Bath est au service de l’Office of Strategic Services américain et apparaît sur les écrans dès 1957. Après plusieurs films réalisés par André Hunebelle dans les années 60, l’agent est remis au goût du jour par Michel Hazanavicius depuis 2006, qui le transforme en espion des services secrets français à forte teneur parodique sous les traits de Jean Dujardin.

C’est en 1953 que Ian Fleming donne vie à James Bond dans le roman Casino Royale. Pas la peine de présenter l’illustre personnage fictif inspiré du passé de son auteur en tant qu’officier du renseignement naval (on en parle dans le film La Ruse de John Madden, 2021), il vous suffit de consulter les quelques articles que j’y ai consacrés 😉

L’expo présente des dessins de production et photos de tournage de Moonraker (1979) de Lewis Gilbert, avec Roger Moore dans le rôle, plus loin quelques gadgets issus de diverses de ses aventures, dont le masque brisé porté par Rami Malek dans Mourir peut attendre (2021) de Cary Joji Fukunaga. Ici la combinaison de cuir portée par Halle Berry dans Meurs un autre jour (2002) de Lee Tamahori et là le smoking porté par Daniel Craig dans Casino Royale (2006) de Martin Campbell – et ce même si l’affiche derrière le costume est celle de Skyfall 😉

Statuette funéraire mexicaine dans le style de celle vue dans La Mort aux trousses (le fameux « Macguffin » du film); de vrais accessoires d’espionnage pendant la Guerre froide.

Après la fiction, toute une partie de l’exposition est dédiée au vrai matériel d’espionnage, surtout de la période de la Guerre froide, lorsque KGB, Stasi, MI6 et CIA rivalisaient d’ingéniosité – du plus simple déguisement aux gadgets les plus improbables, tel le tristement célèbre « parapluie bulgare » dont la pointe était enduite de poison, ou bien le polygraphe, plus connu sous le nom de « détecteur de mensonges ». Q n’avait plus qu’à s’inspirer de tout ça pour alimenter ses inventions destinées aux agents 00 !

Les espions modernes du grand et du petit écran ne sont pas oubliés dans la dernière partie de l’expo, de Jason Bourne au Bureau des Légendes et Homeland.

Découvrir les autres expositions de la Cinémathèque française.

Photos : @Simply.Mad 2022

Publié par Simply.Mad

Geek, cinéphile, fan de science-fiction et de bande dessinée. Aime un peu trop le chocolat.

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