
Une exposition sur les films qui ont le travail du charbon pour thème – plus nombreux qu’on ne le pense – est à voir jusqu’au 8 novembre 2026 au pays de Charleroi, dans l’un des anciens sites miniers les plus importants de Belgique : le Bois du Cazier.
À l’origine créée par le Centre Historique Minier de Lewarde, près de Douai dans les Hauts-de-France, où on pouvait la découvrir lors de la saison 2022-2023, l’expo est proposée à son tour par un ancien charbonnage également transformé en musée de l’autre côté de la frontière, le Bois du Cazier situé à Marcinelle dans la province du Hainaut.
La présentation temporaire est constituée d’affiches, de photos, de quelques documents d’époque et d’extraits de films ayant tous un lien avec l’industrie du charbon.




Affiches et photos tirées de vieux courts et longs métrages
La mise en avant de courts et de longs métrages, mais aussi de documentaires, propose des œuvres venues de toutes les époques et issues de plusieurs pays, la ruée vers l’or noir ayant été – et étant toujours dans certaines contrées – une industrie fondamentale, témoin de la révolution industrielle du 19e siècle en Europe. Le même sillon houiller reliant ces régions de l’Europe du Nord-ouest (Angleterre, nord de la France, Belgique, Allemagne, Pologne) où l’on retrouve les mêmes cicatrices laissées dans leur sol : puits, galeries souterraines, terrils pour marqueurs de chaque charbonnage sorti de terre, cités minières (les fameux corons). Un passé partagé par plusieurs générations de mineurs et vecteur des premières immigrations massives au lendemain de la Première guerre mondiale.



Affiches et photos de films, projecteurs des années 1950
Un film en particulier fait évidemment le lien entre les diverses époques de l’Histoire du cinéma : Germinal. Depuis la première adaptation du roman de Zola – une version muette réalisée en France en 1913 par Albert Capellani – jusqu’à la plus célèbre version due à Claude Berri en 1993 – avec Gérard Depardieu, Miou-Miou et Renaud dans les rôles principaux – en passant par le classique réalisé par Yves Allégret en 1963 qui a Claude Brasseur, Bernard Blier et Jean Sorel comme protagonistes.
Mais il ne faudrait pas oublier les longs métrages qui ont régulièrement remis cet univers réaliste au goût du jour sur le grand écran : Fumées (1930) avec Jean Dehelly, Grisou (1938) avec Pierre Brasseur (le père de Claude) et Odette Joyeux, Le Pavillon brûle (1941) avec Pierre Renoir et Jean Marais, Le Point du jour (1948) avec Jean Desailly et Marie-Hélène Dasté. Moins lointain, Le Brasier (Éric Barbier, 1991), un très gros budget qui s’est révélé être un échec cuisant au box office, mettait en scène Jean-Marc Barr et Maruschka Detmers dans une romance contrariée entre un mineur d’origine polonaise et une Française.




Les trois adaptations de Germinal de Zola au cinéma
Quelques films anglophones se sont naturellement penchés sur les mineurs et leur habitat, que le travail implique le charbon, le fer ou tout autre gisement souterrain convoité par l’industrie.
Parmi les plus notables, le long métrage Qu’elle était verte ma vallée (John Ford, 1941) avec Walter Pidgeon et Maureen O’Hara, et si l’histoire se passe au Pays de Galles, le film a été tourné en pleine Seconde guerre mondiale dans une mine reconstituée en studio en Californie !
Mais aussi Traître sur commande réalisé par Martin Ritt en 1970, avec Sean Connery et Richard Harris dans les rôles principaux, ce film historique est tiré d’une histoire vraie, celle des activistes irlandais « Molly Maguires », et a été tourné dans une réelle ville minière de Pennsylvanie alors à l’abandon.
Un exemple plus récent : L’Affaire Josey Aimes (Niki Caro, 2005) avec Charlize Theron entourée d’un excellent casting, là aussi une histoire vraie qui met en images le premier recours collectif pour harcèlement sexuel sur un lieu de travail aux États-Unis, un procès qui a fait jurisprudence.



Film Le Brasier, affiche du film Le pavillon brûle et court-métrage animé Mémoire fossile
D’autres films utilisent pour décors les corons – ces villages entiers construits aux abords des mines pour y loger les travailleurs et leurs familles. On peut citer rien que pour le cinéma britannique : Billy Elliott (Stephen Daldry, 2000) avec le tout jeune Jamie Bell dans le rôle-titre et Pride (Matthew Warchus, 2014), un film attachant avec Andrew Scott, Bill Nighy et Paddy Considine, entre autres visages connus.



Affiches de films anglo-américains se passant dans le milieu minier
La dernière partie de l’expo se focalise sur les films d’entreprise et documentaires, plus particulièrement dans le cadre de la commémoration des 70 ans de la catastrophe minière survenue au Bois du Cazier le 8 août 1956, qui a coûté la vie à 262 mineurs, principalement venus d’Italie.
Il serait forcément compliqué de proposer une liste exhaustive des œuvres citant le milieu minier dans le cinéma mondial, mais force est de constater que cette exposition temporaire en représente un très bel échantillon qui donne envie de découvrir les films moins connus et de revoir avec un autre œil les plus célèbres d’entre eux. Il est d’ailleurs un petit peu dommage que le cinéma de genre horrifique n’ait pas été inclus car les exemples n’y manquent pas, le monde souterrain se prêtant aux histoires effrayantes !
Une exposition créée avec le soutien du projet Interreg CINEMINE, avec le soutien du programme Interreg France-Wallonie-Vlaanderen.
Découvrir d’autres expositions temporaires sur le cinéma visitées ces dernières années.
Photos : @Simply.Mad 2026
